mercredi 27 février 2008
Week de divertissement à San Marcos avec les amis
mardi 26 février 2008
Suchate
Il était une fois Suchate…..
Suchate est le village où nous avons vécu une semaine dans une famille de paysans, dans le cadre de notre travail. Pour arriver à Suchate c’est tout un périple. En effet, il faut prendre une camionnette de San Marcos à Sibinal qui un village du département de San Marcos qui est déjà relativement isolé. De Sibinal, il y a deux heures de marche jusque San Andres, petit village perché tout en haut d’une colline, donc pour y arriver, ça grimpe fortement. De San Andres, il faut redescendre durant deux heures pour arriver dans la vallée où coule le fleuve Suchate et où se trouve le hameau du même nom. Il ne fait pas froid à Suchate, vu que cela si situe au fond de la vallée, pas de climat montagneux. Tout autour de nous, des palmiers, des orangers et autres végétations tropicales qui se dispersent autour des cabanes en bois. Il y a environ 70 maisons à Suchate, nous dira plus tard Alfredo, le monsieur qui nous accueille chez lui. Dès notre arrivée, le lundi vers 11h du matin, tous les habitants se pressent au pas de leurs portes pour regarder ces drôles de gens qui arrivent. Pour la plupart, c’est la première fois qu’ils voient un grand blond aux yeux bleus. Au début, quelques personnes sont hostiles à notre présence, pensant que nous sommes des américains qui viennent chercher de l’or. Effectivement, on nous a conté qu’un groupe des Etats- Unis était venu marquer des pierres qui contiennent de l’or. Plus tard, une petite fille du village nous montre une belle pierre qui brille qu’elle a trouvée dans la rivière, nous examinons la pierre et il y avait bel et bien de l’or dedans. Suchate est une communauté pauvre, isolée de toute voie de communication et oubliée des autorités guatémaltèques, la plupart des anciens de Suchate ne sont pas enregistrés à la municipalité et ne savent pas quel âge ils ont. Par chance, ils ont l’eau courante et bénéficie d’une source d’eau chaude à 15 minute du village où ils peuvent se laver. Il n’y a pas d’électricité, seulement deux maisons du village possèdent un panneau solaire, acheté par l’homme de la maison parti travailler aux Etats-Unis. Ce panneau leur permet d’avoir la télévision mais uniquement des DVD car, bien sûr, il n’y pas le câble et chaque soir tout le monde se pressent dans ces deux maisons pour regarder les mêmes DVD chaque soir car leurs moyens ne permettent pas d’en avoir plusieurs. La maison où nous nous trouvions n’avait pas de panneau solaire et la famille était très pauvre. L’homme de la maison s’appelle Alfredo, il a 30 ans et son épouse 29 ans, ils ont 5 enfants et partagent la maison avec les parents d’Alfredo qui ne savent pas quel âge ils ont mais selon nous une petite soixantaine d’année. Alfredo possède un tout petit terrain où il cultive du café mais les revenus de ce terrain sont minimes, il ne sert quasiment qu’à leur consommation personnelle de café ou l’échange avec d’autres produits au sein du village. En effet, cela nous a frappé, Suchate fonctionne encore avec un système d’économie d’échange, l’un donne des avocats contres des citrons, des citrons contre du chou-fleur et ainsi de suite. Il y énormément de solidarité entre les habitants et cela leur permet de faciliter leur travail et d’améliorer leur alimentation. Il faut savoir qu’il y a peu de terrain à Suchate et le peu qu’il y a n’est pas très riche et difficile d’accès. De ce fait, énormément d’hommes et de familles entières parfois vont au Mexique, qui est a 4 heures de marche, pour travailler dans des fincas pour couper le café. Alfredo est obligé de s’y rendre trois mois par ans avec sa femme et trois de ses enfants, les plus grands. Là-bas ils sont payés au panier donc s’ils sont plus, ils gagnent plus d’argent. Ils travaillent 10 heures par jour et n’ont que deux repas composés seulement d’haricots noirs. Nous avons été très tristes quand Alfredo nous a expliqué que les enfants de la maison allaient devoir aller avec lui car il y a des mois qui sont trop durs et sinon ils n’auraient pas assez pour manger. Cela n’empêche pas la famille d’être très heureuse très joyeuse et de profiter de tout les moments qu’ils ont ensemble. Ils vivent dans des conditions qui pour nous seraient invivables, étant donné que nous sommes habitués au confort et aux plaisirs matériels. Mais le fait est qu’ils n’ont jamais connu tout cela donc tirent leur bonheur du simple fait d’être ensemble et remercient chaque jour dieu d’avoir le peu qu’ils ont. Ce fût une expérience très forte pour nous deux et une grande leçon d’essentiel et de fraternité. Nous ne pouvons pas cacher, que ce fut difficile de dormir sur une planche en bois, de ne pas avoir de sanitaire, de ne pas prendre de douche, de manger en très petite quantité des aliments qui ne sont pas toujours à notre goût. Cependant, ces désagréments de confort furent dépasser par le bon contact que nous avons eu avec la famille, les bons moments passés avec les enfants et les discussions le soir tous ensemble à la lumière du feu. Il est certains que nous sommes ravis d’avoir tenté cette expérience et que jamais nous ne l’oublierons.
Aurélie et Benoit